Pyo – Silver Veil

Direction Bruxelles pour partir à la rencontre d’un artiste pour le moins hors du commun répondant au nom de Pyo. De son vrai Karel Piot, le musicien multi-instrumentiste, qui a notamment fait les premières parties de The Haunted Youth entre autres, compte nous en faire voir de toutes les couleurs avec son univers absolument sensoriel qui se concrétise avec un premier long-format du nom de Silver Veil.

On retrouve au programme onze morceaux denses et immersifs où Pyo explore l’angoisse existentielle de façon grandiose. Démarrant en trombe avec les rythmes effrénés de « There Is A Silver Veil Over My Eyes That I Can’t Seem To Get Rid Of » ainsi que de « Control » aux breakbeats effrénés, on plonge dans cette dystopie rétrofuturiste toute en clair-obscur tandis que le one-man-belge brouille les pistes entre shoegaze, new wave et esthétiques cyberpunk de la plus belle des manières.

Au fur et à mesure que l’on avance sur Silver Veil, on sent que notre protagoniste cherche à fuir les injonctions et à embrasser plutôt les différences. Et c’est à travers des morceaux puissants mais forts de sincérité à l’image de « Bathroom Door » ou bien de « Dog and Bone » et « So Scared » que Pyo tire son épingle du jeu en prenant du recul sur son environnement qu’il l’entoure avant de viser encore plus large avec entre autres « Midnight Sunlight » en compagnie de The Haunted Youth sans oublier « Birdcage » qui sont de véritables exutoires.

Après un « You and I Will Never Be The Same » en guise de conclusion pleine d’intensité et de lucidité, Pyo réussit à trouver un équilibre entre son intégrité et son rapport aux autres tout en avançant avec ses angoisses permanentes. Et cela donne un Silver Veil qui lève le voile flou entre l’individu et le monde mais aussi entre la préservation de soi et le désir d’être vu d’une certaine manière.

Note: 7.5/10