Ought – Room Inside The World

En deux albums, Ought a su s’imposer en tant que maîtres en matière de post-punk fiévreux. Le quatuor montréalais a prouvé qu’ils avaient toujours leur mot à dire en 2015 avec leur second album Sun Coming Down (chroniqué ici) même si un poil inférieur à leur référence de toujours qu’est More Than Any Other Day. Après un premier album solo de la part du leader du groupe Tim Darcy l’année dernière (chroniqué ici), le groupe retrousse leurs manches avec leur troisième album en quatre ans du nom de Room Inside The World.

Ici, on peut clairement parler d’évolution pour Ought tant le groupe s’avance dans des contrées plus mélodieux aussi étrange que cela puisse paraître. Désormais signés chez Merge Records, le quatuor nous dévoile leur facette plus pop avec en prime un Tim Darcy qui se lance désormais au chant depuis son album solo. Et cela peut agréablement surprendre l’auditeur à l’écoute des premiers morceaux que sont « Into The Sea » et « Disgraced in America » où l’on a vraiment l’impression que Preoccupations est passé par là. Impossible de ne pas non plus mentionner la qualité des arrangements du complexe « Disaffectation » lorgnant entre l’indie pop et la new-wave mais aussi l’implacable « These 3 Things » sans oublier l’interprétation lyrique de Tim Darcy qui surprend de nouveau.

Jamais on aura entendu un groupe plus apaisé et plus lumineux qu’auparavant et pourtant à l’écoute du grandiloquent « Desire » conviant une boîte à rythmes, un violon ainsi qu’une chorale pour un final épique mais également « Take Everything » et « Pieces Wasted ». On peut remercier Nicolas Vernhes pour avoir affiné le nouveau son d’Ought qui permet à la fois de creuser le sillon de Cocteau Twins, d’Arcade Fire mais aussi de The Cure sur la conclusion intitulée « Alice » avec ses dernières secondes quelque peu pompeuses mais ô combien significatives. Room Inside The World permet de montrer un quatuor audacieux qui décide d’employer la manière douce pour pouvoir mieux impressionner.

Note: 8/10