Tim Darcy – Saturday Night

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En cette seconde moitié de la décennie 2010, le groupe indie rock/post-punk canadien Ought n’a pas fini de nous impressionner. En l’espace de trois ans, ils nous ont publié deux albums, dont un chef-d’oeuvre du nom de More Than Any Other Day en 2014 et de son petit frère Sun Coming Down paru l’année suivante (chroniqué ici), moins brillant mais toujours aussi classe. Et très vite, on est charmé par leur post-punk racé et insolent avec la voix mi-parlée mi-chanté mais totalement désinvolte du charismatique leader Tim Darcy qui, cette année, a décidé de faire ses prouesses en solo avec un premier album Saturday Night, enregistré en même temps que le second album du groupe.

Le leader du groupe prend le même chemin que ses semblables: explorer plus de possibilités musicales. Ainsi, on entendra des sonorités garage sur « Tall Glass of Water » qui ouvre le bal avec ses guitares effrénés et qui se finit par une chorale angélique. Il est suivi de très près par « Joan Pt.1 & Pt. 2 » divisé en deux parties: une première typée folk psychédélique et une seconde plus libérée et aérienne ou encore la cerise sur le gâteau nommée « Still Waking Up » où on est agréablement surpris d’entendre Tim Darcy se complaire dans son rôle de crooner.

Petit à petit, le montréalais d’adoption oublie l’aspect conventionnel et vient flirter avec des essais quelque peu plus expérimentaux sur la seconde partie de Saturday Night. On citera les instrumentaux tantôt à la guitare de « First Final Days » tantôt aux sonorités inquiétantes venues d’ailleurs avec la très étrange « Beyond Me » mais aussi les reverbs hallucinés de « Saint Germain » comme principaux exemples qui viennent contraster avec le très conventionnel morceau-titre ou encore les ballades bouleversantes comme « Found My Light » à la guitare acoustique et « What’d You Release ? » au piano. Ceci permet de décerner une vulnérabilité chez le bonhomme que l’on ne soupçonnait pas avec Ought, s’interrogeant sur les questions existentielles qui le tourmentent.

Saturday Night nous montre un autre aperçu de Tim Darcy qui n’a pas l’air aussi désinvolte que l’on pensait. S’éloignant volontairement du son de son groupe qui a fait sa petite renommée pour aller lorgner du côté de Syd Barrett, Velvet Underground pour le côté expérimental et brouillon et The Strokes pour les grosses guitares, on découvre un artiste au talent multiple capable de nous émouvoir là où on s’attendait le moins.

Note: 8.5/10

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