Woods – Strange To Explain

Il fut un temps où Woods venait mettre du soleil un printemps sur deux à coup d’albums classiques. Seulement voilà, ça faisait trois ans que l’on était sans nouvelles du groupe new-yorkais depuis leur album engagé Love Is Love (chroniqué ici). Suite à cela, Jeremy Earl et Jarvis Tarveniere ont vu leur quotidien changer: entre paternité pour l’un et changement d’air pour l’autre. Le duo avait notamment officié à l’unique disque du regretté David Berman sur Purple Mountains (chroniqué ici) avant de revenir avec toute la clique cette année avec Strange To Explain.

Ce changement de vie est en effet dur à expliquer pour nos protagonistes. Et pour ce faire, Woods s’éloigne quelque peu des inspirations afro et éthio-jazz de leurs deux albums précédents pour revenir aux bases avec des compositions indie folk psychédéliques ensoleillées et envoûtantes comme « Next To You and The Sea » en guise d’introduction. Jeremy Earl, avec sa voix de fausset légendaire, s’interroge sur les joies et les inquiétudes de la paternité (« Just To Fall Asleep ») avec des morceaux touchants de naturel comme « Where Do You Go When You Dream » et des ballades nostalgiques tels que « Before They Pass By » et « Be There Still » qui n’en finissent pas de nous toucher.

On sent tout de même de vibes plus californiennes et on ne dit pas ça parce que l’autre tête pensante Jarvis Tarveniere y réside maintenant. Mais tout simplement parce que Woods y insurge une dose de sagesse sur ce Strange To Explain malgré quelques moments électriques à l’image de « Fell So Hard » et « Can’t Get Out ». Pour le reste, les arrangements bucoliques un brin plus synthétiques que dans le passé constituent toujours l’ADN de la musique du groupe de Brooklyn qui n’en finit pas de se réinventer sur « Light of Day » jusqu’au final élégiaque quasi-instrumental nommé « Weekend Wind » s’étirant sur sept longues minutes. Ce changement de vie est peut-être difficile à expliquer pour Woods mais reste facile à aborder en musique.

Note: 8.5/10