Deerhoof – Actually, You Can

L’année du confinement aura été une galère pour tout le monde. À un tel point que tout le monde s’accorde à avoir une seconde chance. C’est un peu le cas pour Deerhoof qui avait publié son disque Future Cave Teenage Artists l’année dernière (chroniqué ici) montrant qu’ils n’ont rien perdu de leur verve. Un an et demi plus tard, les revoici bien gonflés à bloc avec leur successeur intitulé Actually, You Can.

Les joyeux lurons de San Francisco débarquent avec leur formule magique arty et détraquée qui ne fait aucunement tâche. C’est notamment le cas de l’introduction complètement délurée de « Be Unbarred, Ye Gates Of Hell » aux riffs metal qui contrastent au chant bubblegum et sucré de Satomi Matsuzaki montrant que tout est possible, surtout avec les collages sonores hystériques de « Department Of Corrections » et de « Plant Thief » où la pop lyrique côtoie les ascensions hard-rock.

C’est exactement la force de Deerhoof: l’inventivité folle et le mélange des genres. C’est aussi ce que l’on retrouve thématiquement sur Actually, You Can ou ils iront pousser le curseur vers des textes plus engagés où le multiculturalisme a du bon. On ira voyager aux sons de « We Grew and We Are Astonished » acide et aérien ou du plus coloré et funky « Scarcity is Manufactured » où les arrangements ensorcelants de Greg Saunier continuent de nous en faire voir de toutes les couleurs.

Les acrobaties musicales de « Ancient Mysteries, Described » et de « Epic Love Poem » sauront nous faire tourner la tête tandis que l’on passe du garage 60’s sur « Our Philosophy Is Fiction » aux accents math rock sur « Divine Comedy » tandis que Deerhoof prêche la bonne parole anticapitaliste et citoyen du monde. Et ils peuvent le faire d’une très bonne manière sur leur nouvel album.

Note: 8/10