Devendra Banhart – Flying Wig

En 2019, Devendra Banhart nous avait incroyablement ému avec son album précédent intitulé Ma (chroniqué ici). Le légendaire musicien américano-vénézuélien n’a plus besoin de présentation mais a une fois de plus touché son auditoire avant de disparaître gentiment de la circulation. Deux années après son album collaboratif avec Noah Georgeson intitulé Refuge (chroniqué ici), il revient en pleine forme avec Flying Wig.

Une réinvention s’impose pour Devendra Banhart car il pourra compter sur l’aide de Cate Le Bon aux manettes. Flying Wig est l’occasion rêvée pour notre auteur de se livrer à nu suite à son récent passage à vide qui l’a rendu vulnérable, dès les premières notes de « Feeling » des plus aériens et chaleureux avant de prendre de la hauteur avec « Fireflies » et « Nun » où l’on sent le spectre de Brian Eno planer tout au long.

Bien entendu, les textes thérapeutiques de Devendra Banhart réussissent à faire écho à cette production vaste et éthérée de Cate Le Bon si caractéristique. Flying Wig nous transporte vers l’au-delà avec ces légères influences city-pop qui rappellent l’ambiance léchée de Pompeii (chroniqué ici) sur « Sight Seer » ou sur « Sirens » et « Charger » étrangement hantés. La paire réussit à nous emmener loin tandis que l’artiste américano-vénézuélien réussit à cicatriser ses tourments et trouver la lucidité avec « Twin » et « The Party » où la facette plus organique, chaleureuse et un brin électronique lui va plutôt à merveille. Une réinvention nécessaire montrant Devendra Banhart volant de ses propres ailes, libéré de ses fardeaux.

Note: 9/10