KOKOKO! – BUTU

Avant que la pandémie n’éclate, KOKOKO! avait envoyé une bombe musicale répondant au nom de Fongola (chroniqué ici). Le collectif le plus punk de Kinshasa a réussi à sortir de la masse avec leur cocktail musical bien explosif totalement indéniable. De l’eau a coulé sous les ponts et l’heure est venue pour eux de faire un grand retour bien fracassant avec leur second disque qui s’intitule BUTU (la nuit en lingala).

Les quatre musiciens venus de Kinshasa (Boms, Makara, Dido et Bovic) et le producteur français Debruit retroussent leurs manches et nous offrent douze compositions bien furieuses. Dès le départ avec « Butu Ezo Ya », l’urgence est de mise avec cette énergie électro-punk toujours aussi persistante qui continue de prendre de l’ampleur avec entre autres « Bazo Banga » reprenant le chant des stades de football avec plus de ferveur mais également « Motema Mabe » et « Mokili » gentiment house. De quoi annoncer les hostilités comme il se doit.

BUTU est symbolique sur tous les points en apportant une symbolique beaucoup plus politique dénonçant les élites politiques où les meurtres de masses par les groupes armés sont fréquents pour le contrôle des ressources naturelles. KOKOKO! livre des hymnes de résistance absolument énergiques et expérimentaux à l’image de « Mokolo Likambu » et de « Nasala Nini » aux distorsions bien dark qui ne nous empêchent pas de danser avant tout. L’alchimie entre les quatre musiciens de Kinshasa et le producteur français fait des merveilles de bout en bout avec « Telema » et « Elingi Biso Te » avant de se clôturer avec bravoure sur un « Salaka Bien » quasi symptomatique à un lever de soleil après une nuit d’émeutes dansante. Il en résulte un disque festif et incandescent et ce malgré ce léger manque de surprises, KOKOKO! balance leur cocktail molotov en pleine face du monde et tombant à pic pendant cette ambiance étrangement anxiogène.

Note: 8/10