Astrobal – L’uomo e la natura

La dernière sortie discographique d’Astrobal datait de l’année 2019 avec l’album solo nommé L’Infini, L’Univers et Les Mondes (chroniqué ici). Suite à cela, le talentueux musicien a multiplié de nombreux projets comme les marquants Vivre ! ou encore La Bibliothèque de la Bergerie mais a continué de collaborer avec la crème de la crème comme Nina Savary, Iko Chérie, Pink Shabab, Laetitia Sadier et j’en passe. Mais en ce début d’année, Emmanuel Mario revient à ses bases avec l’arrivée de son nouvel album qui s’intitule L’uomo e la natura prêt à nous surprendre.

Astrobal nous accueille donc dans sa soucoupe volante décollant de sa Bergerie natale pour aller puiser des influences musicales presque extraterrestres. On en veut pour preuve la courte introduction nommée « S.I.V.A. » plantant le décor avant de nous transporter au lointain avec des pistes intrigantes que sont « Galassia M81 » et « L’abeille pourpre » où les influences library music dignes d’Alessandro Alessandroni ou de Bruno Nicolai planent tout au long avec ce groove infectieux et cosmique qui prime abord sur ce L’uomo e la natura absolument contemplatif.

Une chose est sûre, c’est que ce périple musical que nous offre Astrobal se montre hors du commun, comme l’atteste la pièce maîtresse qu’est « Miami 2064 » à mi-chemin entre synthwave et kosmische musik rappelant aussi bien Tangerine Dream que Jean-Michel Jarre. On navigue vers de nombreuses influences allant de la pop italienne des années 1970 à la city-pop japonaise des années 1980 jusqu’à la library music britannique des années 1990 tout au long de ce L’uomo e la natura comptant de nombreuses perles immersives comme « Dernier stop avant Neptune », « Mer Méditerranée » ou encore le morceau-titre scindé en deux parties (une première partie sous-titrée « Una melodia, i miei ricordi » et une seconde sous-titrée « Sogni et realta ») interprété par notre hôte et Nina Savary en français et en italien afin de laisser libre cours à notre imagination. Bien évidemment, notre chef-d’orchestre est toujours aussi bien entouré avec entre autres Vincent « Pieuvre » Guyot sans oublier le tandem Gaetan Nonchalant et Michelle Blades qui brille de mille feux sur le flamboyant « La Terre c’est l’espace » aux arrangements synthétiques sont finement ciselés.

Vacillant entre la nostalgie et l’avant-garde, cette odyssée à la fois rétrofuturiste et organique permettra à Astrobal de franchir un nouveau palier créatif avec L’uomo e la natura hors du commun. Les influences musicales exprimées sur ce disque permettent de mesurer le talent de chef-d’orchestre du propriétaire de La Bergerie où les textures électroniques donnent le la avec tant de grâce et d’élégance.

Note: 8/10