
Une chose est sûre, c’est que Squid n’aura pas fini de nous en faire voir de toutes les couleurs avec leur inventivité hors normes. On en veut pour preuve leur précédent album nommé O Monolith paru à l’été 2023 (chroniqué ici) où on les a vu s’aventurer vers des chemins plus expérimentaux même si l’auditoire fut moins convaincu que d’habitude. Mais pas de doute pour eux car ils enfoncent le clou cette année avec leur successeur tant attendu du nom de Cowards.
Le quintet de Brighton continue d’explorer de nouvelles sonorités à travers des histoires où les protagonistes sont confrontés à l’apathie et aux cultes. Sur Cowards, il est question de personnages à la fois réels et imaginaires plongeant dans un océan où règne le bien et le mal comme l’atteste le morceau d’ouverture bien glaçant nommé « Crispy Skin » où on retrouve leur formule post-punk toujours aussi imparable trouvant son inspiration auprès de l’ouvrage Cadavre Exquis d’Agustina Bazterrica étant une dystophie où le cannibalisme est normalisé. Squid ira encore plus loin notamment lors des écoutes du rock inquiétant et déstructuré de « Building 650 » aux riffs efficaces et au spoken-word bien rauque d’Ollie Judge qui n’auront pas fini de nous faire frissonner mais également de « Cro-Magnon Man » et le funk mutant cauchemardesque de « Showtime! » nous entraînant dans une véritable descente aux enfers.
Cowards (comptant également des collaborations de musiciens de renom comme Clarissa Connelly, Tony Njoku, Rosa Brook, Zands Duggan et le Ruisi Quartet) reste avant une dystopie post-apocalyptique où Squid n’a pas peur d’aborder des thèmes de société comme sur « Blood On The Boulders » avec ce crescendo ô combien dantesque mais n’hésite pas à trouver de la beauté dans l’étrange et les expérimentations. Mêlant sans vergogne des influences diverses et variées comme le jazz, la folk, le funk, le krautrock et même l’ambient à travers leur post-punk psychédélique et expérimentale aux arrangements riches notamment l’intervention des percussions sur le métronomique « Fieldworks I » auquel viendra s’ajouter une pluie de cordes sur le sequel, le quintet de Brighton met de côté cet aspect maniaque et jazzy pour une tension permanente où des textures électro psychédéliques prennent de l’ampleur.
Il ne manquera plus qu’une conclusion à la fois audacieuse et enivrante du nom de « Well Met (Fingers Through The Fence) » aux influences chamber-pop et folk avec cette tension permanente qui n’aura pas fini de nous en faire voir de toutes les couleurs. Avec Cowards, Squid redéfinit les codes de leur musique toujours aussi recherchée et labyrinthique afin de marquer leur singularité et leur anticonformisme hors normes.
Note: 8/10
