
A l’été 2023, bdrmm avait marqué leur territoire au fer rouge avec leur précédent album nommé I Don’t Know pour le moins emblématique (chroniqué ici). Le groupe de post-shoegaze britannique continue de monter en puissance avec leurs compositions taillées sur mesure. Allons savoir ce que le quatuor nous a réservé pour cette troisième livraison discographique qui s’intitule Microtonic.
Cette fois-ci, bdrmm ira jouer la carte de la surprise. On en veut pour preuve le morceau d’ouverture nommé « goit » en compagnie de Working Men’s Club où le quatuor britannique s’éloigne de ses standards shoegaze/dream-pop pour accueillir des beats électroniques lourdes et lancinantes à la production sèche sans oublier le presque dub « In The Electric Field » en compagnie de la voix onirique d’Olivia Rees de Nightbus alias Olivesque. Ce virage se confirme avec ces loops vocaux obsédantes de « John On The Ceiling » prenant de l’ampleur avec cette atmosphère lourde et pesante mais mettant non seulement en valeur la voix de Ryan Smith mais aussi l’alchimie indéniable du quatuor le temps d’un tourbillon sonore addictif.
Bien évidemment, le son éthéré des débuts ne s’est pas pour autant estompé pour autant. C’est notamment le cas pour le plus léger « Infinity Peaking » avant de rebasculer vers les pénombres avec « Snares » lorgnant vers la coldwave et le post-punk où bdrmm saura concilier moments atmosphériques et d’autres plus pesants notamment sur « Sat In The Heat » entre autres. Les guitares rugissent bel et bien pour notre plus grand plaisir notamment sur le morceau-titre qui affirme de plus en plus l’esthétique Rock Action Records, label de Mogwai où ils sont signés mais également sur le plus électronique « Clarkycat » qui symbolise en quelques sortes le passé, le présent et l’avenir du groupe britannique. Cette croisée des chemins se confirme avec le plus intense et hypnotique « Lake Disappointment » rappelant quelque peu du Daniel Avery au niveau de l’ambiance avant d’apporter (faussement) une bouffée d’air frais avec la surprenante conclusion nommée « The Noose » avant de nous transporter dans toute cette complexité de sonorités assourdissantes.
Et c’est en ce sens que bdrmm saura nous surprendre à travers ce troisième album incroyablement intense et puissant. Microtonic est un arsenal d’émotions contrastées en tous genres où les influences shoegaze/dream-pop laisseront quelque peu place aux sonorités plus électroniques iront former ce lieu imaginaire plein de mystères en tous genres que dessine le groupe avec beaucoup de réussite.
Note: 10/10
