Marie Davidson – City Of Clowns

L’arrivée du printemps est presque imminent et on va bientôt pouvoir se ruer sur le dancefloor. Et justement, Marie Davidson pointe également le bout de son nez et c’est plutôt une bonne nouvelle surtout qu’elle n’avait pas publié de disques depuis le fédérateur Renegade Breakdown en compagnie de L’Œil Nu en 2020 (chroniqué ici). Après avoir écumé les salles des quatre coins du monde, la moitié du duo Essaie Pas fait son grand retour avec un sixième album qui s’intitule City Of Clowns.

Dès les premières notes de « Validations Weight », Marie Davidson met les pieds dans le plat en dézinguant le monde de la tech tout en reprenant les mots de la légendaire Zuboff. C’est à travers des beats métalliques et infectieux que la montréalaise réussit à nous alerter sur les dangers de l’IA et de la tech corporate notamment sur les bangers mutants mais efficaces comme « Demolition » (“I don’t want your cash/What I want is you… I want your data!”, lance-t-elle) ainsi que « Sexy Clown » et « Push Me Fuckhead ». On retrouve ainsi ce côté à la fois décalé, incisif, dominatrice et sexy qui fera toute sa singularité.

La patte Soulwax est plus que présente et suffira à appuyer les propos percutants de Marie Davidson. City Of Clowns est une critique acerbe et sarcastique d’une société capitaliste contrôlée par les nouvelles technologies et les réseaux sociaux de façon incontrôlable et démesurée. Avec d’autres titres redoutables taillés pour le club à l’image de « Fun Times » mais aussi de « Y.A.A.M. » et de son autre version plus maximaliste signée Soulwax (« Fake positivity is as cringe as it gets / You wanna suck me ? Screw your fucking brand » lance-t-elle) et « Contrarian », la moitié du duo Essaie Pas tape dans le dur et sans ménagement. Suite à cela, elle s’aventure auprès des terrains plus rave dignes de The Prodigy sur « Unknowing » synthétisant avec brio ce City Of Clowns des plus redoutables où elle réussit à dompter les robots, cyborgs ainsi que l’intelligence artificielle tout en nous faisant danser jusqu’au bout de la night.

Note: 8.5/10