Bonnie Banane & Joseph Schiano di Lombo – L’Orguasme

Tout semble sourire pour Bonnie Banane. Il faut dire qu’elle est devenue une véritable reine dans le paysage musical. Chaque sortie, elle réussit à surprendre et à conquérir nos cœurs. Que ce soit du R&B alternatif quelque peu burlesque et sensuelle sur Sexy Planet (chroniqué ici), drum’n’bass survoltée et magnétique digne de Nia Archives sur SOS (chroniqué ici) ou jazz-funk maniaque et protéiforme avec Nini qui fut primé lors de la dernière édition du prix Joséphine (chroniqué ici), elle réussit tout ce qu’elle entreprend. À l’approche de la saison estivale, elle continue de battre le fer tant qu’il est encore chaud avec le toujours aussi talentueux Joseph Schiano di Lombo le temps d’un petit album collaboratif bien olé-olé du nom de L’Orguasme.

On découvre ainsi dix titres composés à l’orgue de la Cité de la Musique/Philharmonie de Paris où Bonnie Banane et Joseph Schiano di Lombo se lancent dans un défi de taille: celle de chanter le plaisir à l’état pur, qu’il soit coupable ou interdit. Le premier titre « Préliminaires » met le pied à l’étrier ou le désir décuple les effets où le superduo brouille les pistes entre soupirs contenus et vocalises extravagants avec notamment « La montée » et « Le plaisir des sources ».

Comme son nom l’indique, L’Orguasme ne recule devant aucun interdit. Tiraillé entre le poétique et le côté burlesque, Bonnie Banane et Joseph Schiano di Lombo décriront étape par étape les préliminaires à l’éruption sous une myriade d’influences allant du swing sur « Le cri » au R&B sur « La petite mort » en passant par le jazz avec « Le calme après l’œuvrette ». Aussi bien mystique qu’érotique avec les allures tantôt médiévales de « Ronde génitale » tantôt gospel de « Simulation Blues », on franchit le 7ème Ciel sans vraiment avoir besoin ni de partenaires ni de gadgets. Seule la musique si instinctive saura nous conduire à l’orguasme et Bonnie Banane & Joseph Schiano di Lombo l’ont bien compris.

Note: 7.5/10