
Beaucoup d’entre nous ont découvert Nadah El Shazly à travers son premier album nommé Ahwar il y a quelques années de cela. La musicienne expérimentale égyptienne est sortie des sentiers battus grâce à son univers hors du commun qui n’aura pas fini de nous transporter ailleurs. Et on en veut pour preuve son second album nommé Laini Tani (signifiant « retrouvez-moi à nouveau »).
Il suffit de fermer les yeux et de se laisser emporter par les sons du buzuq et du mawal venus d’ailleurs. Le premier morceau se nomme « Elnadaha » et pose les bases de la musique ensorcelante de Nadah El Shazly agrémenté de notes de harpe. Entre arrangements avant-gardistes, improvisations classiques égyptiennes et manipulations de la voix, la musicienne n’aura pas fini de nous enivrer à travers des perles illuminées telles que le mélancolique et entêtant « Kaabi Aali » ou encore « Banit » et « End » qui suivent avec cet aspect mystique qui relève le tout.
Sur Laini Tani, il est question de la beauté complexe de la vie urbaine mais aussi les batailles privées et les triomphes du quotidien comme l’atteste d’autres morceaux ensorcelants à l’image des cordes orientales du dépaysant « Enti Fi Neama » mais également de « Dafaa Robaai ». Nadah El Shazly s’affirme avec un ton beaucoup plus frontal sur ce disque à la fois accessible et magnétique qui s’achève avec « Labkha » et « Ghorzetein » faisant de ce Laini Tani un disque poignant et intense qui n’aura pas fini de nous chambouler.
Note: 8/10
