
En l’espace de deux albums, Sorry a réussi à se faire une place confortable dans le paysage musical britannique. On avait ainsi laissé Asha Lorenz et Louis O’Bryen en pleine forme avec son précédent album nommé Anywhere But Here paru il y a trois années de cela comptant entre autres la participation d’Adrian Utley. On avait hâte de ce que le duo d’Hackney nous réserve pour leur successeur tant attendu du nom de Cosplay.
Après avoir exploré l’âge adulte sur leur prédécesseur, Sorry prend encore plus du terrain avec Cosplay. Ces onze morceaux marchent comme des alter-egos permettant d’exprimer de multiples émotions, et on en veut pour preuve le morceau d’ouverture nommé « Echoes » abordant le thème de la répétition avec ses « I love you » répétés à l’unisson jusqu’à en devenir un rite. Bien évidemment, le groupe ajoute une bonne dose de spontanéité notamment lors des écoutes de l’incongru « Jetplane » convoquant un sample de « Hot Freaks » de Guided By Voices et énormément de références à la pop culture (dont Jay-Z et Kanye sont cités) tandis que « Waxwing » réinvente le fameux « Oh Mickey » de Toni Basil mais encore des influences trip-hop de « Love Posture ». De quoi faire de Cosplay une grande mosaïque musicale absolument immersive.
Ne soyez donc pas surpris si Sorry aborde un large éventail d’émotions intenses tout au long avec entre autres « Antelope » qui débute avec une mélodie à la guitare acoustique avant de se désintégrer tout en namedroppant Bob Dylan ou encore « Magic » notable pour cette ambiance piano-bar digne d’un film noir. On citera également les allures plus indie rock du vertigineux « Today Might Be The Hit » où la versatilité du duo aura de quoi nous mettre sens dessus dessous avec cette fragilité émotionnelle parfaitement exprimée sur « Life In This Body » qui explorera de façon désarmante la thématique du rapport par rapport à notre corps avant que l’on se laisse emporter par un mur du son imprévisible sur « Into The Dark » et sur la conclusion nommée « Jive » où les changements de rythme te de sonorités en seront légion.
Autant vous dire que Sorry a publié un véritable manifeste musical qu’est Cosplay où l’on passe du rire aux larmes, de la légèreté à l’alourdissement, du mutant à quelque chose de profondément humain. Tous ces paradoxes aussi bien thématiques que musicaux sont mis en lumière sur ce troisième album auquel on se retrouvera à coup sûr.
Note: 9/10
