
Alors là, je vais sortir une bonne réf de gros boomer. Mais je me souviens quand je lisais Great Teacher Onizuka (oui, jugez moi on a tous.tes un passé douteux), il y avait un personnage du nom de Urumi Kanzaki, une élève bien trop intelligente mais un brin malicieuse qui faisait une remarque à son prof d’anglais en lui rappelant qu’il y a une différence entre les mots « smart » et « clever ». Car derrière « clever », il y a une idée d’intelligence malsaine et démoniaque, une nuance en quelques sortes, poussant ainsi son prof au burn-out. Et cette idée m’a quelque peu frappé en 2026 lorsque Margaux Jaudinaud, ex-membre d’Ottis Cœur et artiste pluridisciplinaire, qui officie sous le pseudonyme Vera Daisies viendra faire son entrée fracassante dans le game pour de bon avec son premier EP nommé Clever Girl.
Après avoir accompagné Billie en tournée, ouvert pour Tess Parks, The Libertines ou plus récemment Sorry et dirigé la direction artistique de Johnnie Carwash, l’heure est venue pour notre protagoniste de s’imposer. Et c’est dire qu’elle s’est faite attendre avec ce premier EP de cinq titres. Comme son ancienne comparse Roma Luca qui a publié un premier EP l’an dernier, elle effectue un virage à 90° tout en restant fidèle à son univers à la fois doux-amer et acidulé. Accompagnée d’Amélie Le Roux, batteuse d’Ottis Coeur, et de Geagea à la production dont sa patte se fait énormément ressentir, elle ira brouiller les pistes entre indie rock, alt-pop, grunge et shoegaze pour un résultat décoiffant, notamment sur le morceau d’ouverture nommé « Chess Game » qui a marqué notre été dernier.
Définitivement frontal et incandescent, Vera Daisies réussit à tomber le masque à travers des influences rappelant aussi bien Avril Lavigne que l’âge d’or du label Hardly Art de la décennie précédente. Il en résulte des titres aussi bien tranchants que somptueux tels que « 666 » qui suit mais encore « Take It Slow » où elle brouille aisément les pistes entre défiance et vulnérabilité comme personne. Ajoutez cela à une collaboration taillée sur mesure avec la musicienne allemande Sloe Noon pour un « Missing Something » ainsi qu’une conclusion pleine d’intensité du nom de « Can’t Blame You » avec son final notable par ce mur du son assourdissant et vous obtiendrez un véritable cri du cœur à la fois viscéral et sincère où elle réussit à transformer ses déceptions amoureuses en force presque surnaturelle lui permettant de se dévoiler à plein escient et intelligemment. Une intelligence certes malicieuse mais loin d’être démoniaque, contrairement à Uzumi Kanzaki.
Note: 8/10
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