
Ce n’est plus un secret de polichinelle mais notre planète est à feu et à sang. Alors où le fou du bus venu des States se prétend être colonisateur en capturant un président étranger et vouloir conquérir le Groenland, le capitalisme ainsi que le fascisme prennent du terrain dans nos sociétés actuelles. Et quoi de mieux que de combattre ce néo-fascisme avec nos Sleaford Mods préférés. Après un silence radio de plus de deux ans avec UK GRIM, Jason Williamson et Andrew Fern reviennent cracher leur bile avec leur nouvel album bien dystopique du nom de The Demise Of Planet X.
Et c’est avec un rire diabolique presque similaire à celui de « Feel Good Inc. » de Gorillaz que Sleaford Mods nous accueille dans ce monde à la fois sinistre et complètement dément. Le premier titre se nomme « The Good Life » et Jason Williamson crache sa verve habituelle tout en acceptant pour la première fois d’accueillir d’autres émotions tandis que l’on retrouve la voix plus émouvante et angoissée de Big Special ainsi que de l’intervention de l’actrice Gwendoline Christie . The Demise Of Planet X sera placé sous le signe de la surprise et de l’inattendu avec également « Double Diamond » beaucoup plus post-punk qu’à l’accoutumée ainsi que « Megaton » efficaces à souhait.
Ce qui fait l’originalité de The Demise Of Planet X est tout simplement la volonté pour Sleaford Mods de s’ouvrir aux autres. Car il n’y a pas que Big Special et Gwendoline Christie qui a intrigué, on retrouve la douceur fragile d’Aldous Harding qui contraste à souhait sur l’effréné « Elitest G.O.A.T. » rappelant faussement du Wet Leg mais encore le timbre cassé de Sue Tompkins sur l’irrésistible « No Touch » sans oublier le rappeur Snowy sur « Kill List ». Vous voulez du plus surprenant ? Et bien voilà qu’ils invitent le bien trop rare Liam Bailey sur un « Flood The Zone » qui est à la fois un hommage de The Specials et une critique acerbe de l’idéologie MAGA. Parce que c’est bien l’administration de l’autre fou du bus qui est visé mais également la masculinité toxique sur « Bad Santa » ou encore les faux SJW notamment sur « Shoving The Images », le tout appuyé par des productions bien plus ambitieuses d’Andrew Fearn avec « Gina Was » et « The Unwrap ».
A l’heure où le monde est en train de sombrer, il est fou de penser que The Demise Of Planet X soit une bouée de sauvetage. Et pourtant Sleaford Mods possède toujours ce côté acide où ils s’expriment face au monde avec beaucoup de vitriol en ouvrant leurs horizons sans trahir leur ADN musical. Et ça, c’est plutôt fort.
Note: 8/10
