Bill Callahan – My Days of 58

Chaque retour de Bill Callahan est toujours une bonne nouvelle surtout en ces temps si sombres. Notre protagoniste a réussi à nous enivrer une dernière fois avec son précédent album nommé YTI⅃AƎЯ il y a trois années et demi de cela maintenant prouvant qu’il a toujours un sacré sens du songwriting par excellence. Allons savoir ce qu’il nous a réservé avec son dixième album événement du nom de My Days of 58.

L’auteur-compositeur-interprète américain viendra poursuivre ses réflexions existentielles à travers ces douze nouvelles compositions méditatives et apaisées. My Days of 58 s’ouvre sur un « Why Do Men Sing » des plus feutrés, l’ex-tête pensante de Smog appelle au recueillement au milieu d’un monde qui sombre dans le fascisme pur et dur notamment à travers des titres riches en élégance et en spontanéité tels que « The Man I’m Supposed To Be » mais également le gentiment soulful « Pathol O.G. » où les cuivres résonnent comme jamais et « Stepping Out For Air » en ligne de mire.

Il est question de lucidité tout au long de ce My Days of 58 qui titube entre la lumière et l’obscurité. Bill Callahan qui est entouré de Matt Kinsey (guitare), de Jim White (batterie) et de Dustin Laurenzi (cuivres) continuera de nous réconforter à travers sa poésie volontairement provocatrice et plein de sens, que ce soit sur « Lonely City » ou sur « West Texas » et « Computer » qui n’auront pas fini de nous enivrer. N’y voyez aucune interprétation de sagesse tout au long mais une sorte de cohabitation avec l’hostilité notamment lorsque l’on écoute attentivement ces paroles évocateurs comme « Lake Winnebago » ou « Highway Born » avant de prendre son envol avec un « The World Is Still » en guise de conclusion ni lumineuse ni sombre. Juste au milieu.

Car peu importe si le monde est à feu et à sang tant que le recueillement est nécessaire pour repartir du bon pied. Tel est le leitmotiv de Bill Callahan à travers ce sublime opus toujours aussi distingué.

Note: 8/10