
Une chose est sûre, c’est que Trainfantôme n’a laissé personne indifférent avec leur précédent album nommé Thirst deux ans et demi plus tôt. Le projet mené par le breton Olivier Le Tohic continue d’enfoncer le clou avec ses compositions ténébreuses et intenses qui continuent de tout emporter sur leur passage, et surtout avec l’arrivée de leur successeur tant attendu du nom de Constant Farewells.
Une fois n’est pas coutume, on plonge dans l’univers sombre et torturé de Trainfanôme qui ne laissera personne indifférent. Inspiré par le décès de sa mère, de sa récente paternité ainsi que de son pèlerinage sur ses terres lorientaises, Olivier Le Tohic n’hésite pas à privilégier toutes sortes d’émotions à travers ce Constant Farewells brouillant les pistes entre heavy shoegaze, grunge, sadcore et emo de la plus belle des manières. Et c’est à travers le morceau d’ouverture nommé « Avoider » que la formation compte mettre les bouchées doubles avec cette fusion entre shoegaze et post-punk tandis que l’ascenseur émotionnel est de haute volée notamment sur « Desire Path » alternant avec brio accalmies et passages noisy ainsi que sur le plus massif « Here The Mermaids Play » qui suivent.
Constant Farewells sait convoquer aussi bien la rage que la mélancolie mais également les ténèbres et les faisceaux de lumière. Et c’est à travers des moments bien étonnants comme la fausse introduction mélancolique de « Rituals » avant de virer à mi-chemin entre emo et metal grâce à l’intervention de Terreur ainsi que « RED HERRING » qui débute avec un piano feutré prenant de l’ampleur petit à petit avec ce drop mutant et ces breaks lourds rappelant du Tricky par moments. Ce n’est pas un hasard si derrière ces murs de guitare oppressants se cachent des expérimentations abstraites, l’expérience musicale s’avère humaine malgré tout.
Toujours est-il que l’on n’est pas au bout de nos surprises avec les allures slacker de « Silhouettes » contrastant avec les influences plus punk de « Bleeding At The Door » tandis qu’ils convient aussi bien Teenage Bed sur le plus chaloupé et vaporeux « Origami » que le groupe bordelais Clarence sur la conclusion mi-grungy mi-dreamy qu’est « My Lips Taste Like The Ocean ». Trainfantôme signe donc un Constant Farewells absolument viscéral où il réussit à transformer la douleur intimiste en un refuge universel, où l’art de changer la tristesse comme un véritable moteur qui fera du bien aux cœurs brisés et sensibles.
Note: 8/10
