Kelsey Lu – So Help Me God

On se souviendra longtemps du premier album de Kelsey Lu nommé Blood qui avait fait un véritable raz-de-marée sur la scène musicale actuelle. C’est en alliant R&B alternatif et art-pop de la plus belle des manières qui lui a permis de sortir des sentiers battus avant de disparaître de la circulation. Sept longues années se sont écoulées et l’heure est venue pour elle de faire son grand retour avec son successeur tant attendu du nom de So Help Me God.

Kelsey Lu met un terme à son long silence en nous entraînant dans son univers en clair-obscur où elle détaille sa longue traversée du désert placée sous le signe d’un énorme goumin et d’une profonde introspection. So Help Me God (co-produit aux côtés de Jack Antonoff et de Kamasi Washington notamment) débute avec un « Reaper » des plus psychédéliques qui plante le décor avec tant d’élégance et d’émotions avant de se poursuivre avec les arrangements dantesques et délicats de « Portrait Of A Lady On Fire » et de « What Can I Do » qui suivent.

Cette introspection cathartique n’aura pas fini de nous faire frémir avec les 808’s enrobés sur « Running To Pain » où elle défie sa propre peur mais encore les accents 60’s de « Comfort » soulful et jazzy. Kelsey Lu qui est armée de son instrument de prédilection qu’est le violoncelle réussit à tirer son épingle du jeu en tissant de nouvelles textures hors du commun, que ce soit sur la pièce maîtresse solennelle de sept minutes nommée « American Sonnet » qui est une ode au poème de Wanda Coleman sans oublier les breakbeats survoltés de l’élégant « Only The Lonely » et le duo au sommet avec Sampha sur le déchirant « Better Than That ».

Se clôturant avec un « Cutting Off The Head Of A Ghost » aux allures post-punk où Kelsey Lu s’éloigne définitivement des relations toxiques pour de bon, So Help Me God est une œuvre majestueuse. Nul doute que l’artiste tutoie les sommets avec cette ambiance faussement désenchantée mais réellement envoûtante qui ne nous laissera en aucun cas indifférent.

Note: 8.5/10