
Impossible de résister à la tornade YHWH Nailgun qui a tout dévasté l’an dernier. Le quatuor de rock expérimental new-yorkais a marqué son territoire avec un premier album époustouflant du nom de 45 Pounds leur ayant permis de s’imposer facilement. Et ne croyez pas qu’ils vont se reposer sur leurs lauriers car ils frappent fort de nouveau avec leur successeur nommé Magazine.
Avez-vous déjà entendu l’album le plus court de tous les temps qui ne soit pas du hardcore-punk ? Maintenant oui. YHWH Nailgun viendra envoyer valser pendant onze bonnes minutes allant droit au but, dès le départ avec « Ghost of Love » qui débute avec un fade-in et qui y va jambon. Les new-yorkais continuent d’employer les grands moyens avec cette fusion entre noise-rock industriel et math-rock psychédélique qui fait fureur sur des moments ténébreux et anxiogènes à l’image du plus dansant « Stillness Blues » contrastant avec les plus menaçants « Innocent Sign » et « Give Blood » tout en abordant des thèmes vaguement religieux sans jamais tomber dans le piège du blasphème.
Car contrairement aux autres groupes, YHWH Nailgun évite de justesse de tomber dans la revendication mais préfère créer une autre alternative pour une société pleine de négativité. Et c’est avec d’autres perles noires frémissantes telles que le puissant « Hips On A Wheel » aux relents étrangement dub que l’on retrouve également sur le faussement accidenté « Ballerina » où le quatuor marque son territoire sans oublier la voix rauque et extrêmement dérangeante de Zack Borzone.
Il ne manquera plus les claviers venus d’Outre-Tombe de « Sewer Tree » ou de la conclusion étrangement lumineuse du nom de « To The Devil » s’achevant sur un « To the devil, to the beast, go in peace » avant qu’un fade-out n’intervienne pour que YHWH Nailgun puisse jouer avec nos sens et nos émotions. Car on aimerait que les morceaux durent plus longtemps afin que l’on puisse s’y accrocher suffisamment mais la formation new-yorkaise refuse que l’on jouisse éternellement. C’est de façon volontaire car le quatuor joue aux dominants par rapport à son auditoire qui est dominé et en ce sens, ils réussissent à entretenir sa part de mystère derrière ce bijou ténébreux et brûlant.
Note: 8.5/10
