
Chaque retour de Lucie Antunes reste toujours un événement dans le monde musical. On avait laissé notre musicienne prodige avec un précédent album nommé Carnaval il y a trois années de cela avant de s’éloigner quelque peu de la scène musicale avant de frapper de nouveau fort avec son successeur intitulé Silence.
Et c’est avec la participation de la chorégraphe Mathilde Monnier et de Canblaster à la co-production que Lucie Antunes compte nous en faire voir de toutes les couleurs une fois de plus. Silence est une œuvre absolument expérimentale qui mettra sens dessus dessous dès le morceau-titre introductif où l’identité artistique de notre protagoniste se heurte à des voix robotiques teintées d’écho et de répétitions aux autres tonalités ténébreuses avant de prendre son envol avec les ensorcelants « Alors », « Le silence fait un visage » ou bien encore « Passage » en ligne de mire. Ajoutez ceci aux arrangements beaucoup plus organiques (vibraphone, synthés, bois, piano, batterie) et le tour est joué
Mais bien évidemment, Silence qui puise son inspiration auprès de la fameuse pièce de théâtre de Mathilde Monnier viendra prendre de l’ampleur avec l’intervention de guests remarquables. On pense entre autres à Halo Maud sur « There’s A Love » mais également à Louisahhh le temps d’un « I don’t need » des plus viscéraux et métalliques sans oublier Wolfgang Tiillmans que l’on retrouve à deux reprises sur « In a smile » et sur « I touch the earth ». Clara Ysé n’est pas en reste non plus en se lançant dans un spoken word saisissant sur le très hypnotique « Coupe moi » où les percussions brutes et les textures industrielles donnent le ton de bout en bout avec « Mushrooms » et « Silence bis » nous rappelant que nous sommes que des êtres de passage qui peuvent apparaître et disparaître en un clin d’oeil.
Lucie Antunes signe ici une œuvre à la fois complexe et immersive avec Silence. Ultra-contemporain dans l’esprit, la musicienne, compositrice et percussionniste française réussit à définir le véritable silence qui est un passage entre les corps, les univers et les mots.
Note: 8/10
