Alex Cameron – Late To Set

Si il y a bien un retour qui fait plus que plaisir, c’est bel et bien celui d’Alex Cameron. Il faut dire que nous étions sans nouvelles du dandy australien depuis son précédent album nommé Oxy Music paru il y a quatre années de cela maintenant. Et c’est dire à quel point il nous a manqué mais heureusement, il revient en pleine forme avec un successeur nommé Late To Set 100% autoproduit en chair et en os.

Alors que va nous réserver notre dandy adoré ? Et bien, il continue d’explorer les failles humaines sur ce cinquième album aussi incisif que bouleversant avec cet humour noir que l’on reconnaît tant. Démarrant en trombe avec « No Soldier », Alex Cameron se met dans la peau d’un acteur raté qui tente de relancer sa carrière en prenant du poids pour un rôle qu’il n’obtiendra pas et qui se mange des moqueries grossophobes. Bref, vous voyez le tableau. La plume de notre protagoniste est acide mais étrangement, on s’attache tout de même à ces personnages grotesques, notamment sur les arrangements scintillants de « Statue Down » et de « Stand-In Man » qui suivent.

Avec Late To Set, Alex Cameron privilégie malgré tout les refrains entêtants ainsi que cette fusion entre synthpop, soft-rock et sophistipop qui n’aura pas fini de faire un malheur. Et on plonge de nouveau dans le quotidien de ces personnages médiocres comme « Testosterone In Blue » qui tacle les male-alphas et autres influenceurs masculinistes de merde et franchement, ça fait du bien (dans vos gueules les red pill accounts) ou encore le plus osé « Jesus Never Had No Porno » qui ne mérite aucune explication, je pense. Mais c’est avec cet humour noir et dérangeant qu’il réussit de nouveau à tirer son épingle du jeu au niveau de ses compositions douces-amères (malgré la lourde absence du saxophoniste Roy Malloy qui manque de chaleur et de réconfort) comme « No Guns Come Alone » et « Red Hook Rain » avant de se clôturer sur un « Violent Man » qui trouve son bonheur par la violence afin de s’exprimer.

Il ne fait aucun doute qu’Alex Cameron viendra frapper là où ça fait mal sur Late To Set aussi bien mordant qu’attachant. Le dandy australien signe un retour honorable où il réussit de nouveau à incarner des personnages jusqu’à les caricaturer afin que l’on puisse s’y attacher à chaque écoute.

Note: 8/10