
Impossible de stopper la machine Ezra Collective, c’est un fait. Il y a deux années de cela, le gang londonien a mis une fois de plus d’accord avec leur précédent album nommé Dance, No One’s Watching notable pour ses collaborations avec M.anifest, Yazmin Lacey ou encore Olivia Dean qui leur a permis un énorme succès d’estime tant mérité. Alors forcément, lorsque le groupe fait son retour, cela reste toujours un événement, surtout avec l’arrivée de leur successeur tant attendu du nom de Here Because Of Hope.
Pour ce nouveau voyage musical absolument initiatique, Ezra Collective pourra compter sur l’actrice Letitia Wright (qui a incarné Shuri dans Black Panther entre autres) pour des interludes racontant l’Afrique, les Antilles, les Caraïbes ainsi que l’histoire si vitale de la musique noire qui est vitale au Royaume-Uni et aux Etats-Unis. Here Because Of Hope, divisé en trois parties distinctes, suit le parcours de la musique noire entre différents continents débutant par une première partie caractérisée par la douceur qui se manifeste par un renouveau avec des titres réconfortants comme « Blow Your Trumpet » aux doux airs reggae avant d’accélérer le rythme avec « Sweet Echo » et « Don’t Worry » aux abords afro-jazz tout comme un « Someday » rugissant. Prenant de l’ampleur au fur et à mesure avec un « Only Love » en compagnie du rappeur Pa Salieu et notable par ses grooves ouest-africains infectieux, ce périple s’annonce dantesque.
La seconde partie se montre plus énergique et vibrante comme l’annonce Letitia Wright tout en nous emmenant vers les Caraïbes avec notamment les influences reggae-dub qui refont surface sur « Birdie Sings » et « The Last Stand » sans oublier la magnifique collaboration avec Lila Iké sur « Well Organized » avec ce fameux clin-d’oeil au fameux « Chase The Devil » de Max Romeo. Et une fois n’est pas coutume, Ezra Collective accélère le rythme en convoquant les influences salsa sur « El Corazon » et le calypso sur « Bunny On The Rise ». Après la fête vient l’espoir et quoi de mieux que d’embarquer sur cette troisième et dernière partie où la musique noire s’implante aux Etats-Unis et le Royaume-Uni. Pour ce faire, Ezra Collective convie la très rare Leona Lewis le temps d’un « All I Need » ô combien soulful avant de repartir sur des bases jazz qui ont fait leur renommée sur « Jubilee Feeling » et « Black Flag » ô combien ensorcelants. Ajoutez ceci aux couleurs afrobeat de « Most High » en compagnie de la chanteuse américano-camerounaise Libianca et vous obtiendrez un Here Because Of Hope.
Une fois de plus, Ezra Collective continue de prendre de l’ampleur avec un quatrième disque riche en influences et en sonorités en tous genres mettant une fois de plus l’Afrique au centre. Grâce à ce foisonnement de sons et d’arrangements, le collectif londonien passionne par ce storytelling et ce rythme si emballant qui n’auront pas fini de procurer d’innombrables frissons.
Note: 8.5/10
