
En une décennie, Michael Kiwanuka est devenu un des noms les plus influents en matière de soul britannique. On avait laissé notre protagoniste en pleine forme avec son précédent disque nommé Small Changes qui fut une franche réussite mais un chouïa en deçà de son chef-d’œuvre Kiwanuka de 2019. Il ne faudra pas attendre longtemps car le musicien britannique signe son retour avec FUDGE.
Un retour aussi particulier car il faudra considérer Fudge comme un disque de guérison. Pour celleux qui auraient loupé un épisode, notre protagoniste a fait un AVC qui lui a failli coûter la vie. Mais fort heureusement, le londonien est en plein guérison mais a pu terminer ce nouveau disque bien avant son accident. Pour cette nouvelle aventure musicale, il privilégie l’auto production et l’indépendance. Exit donc Inflo et Danger Mouse, Michael Kiwanuka a décidé de mener seul la barque. On sent nettement la différence après que la voix de Chick Corea annonce aux musiciens de suivre leur propre intuition et ce dès le morceau d’ouverture nommé « Summer Clothes » d’une élégance folle où cette alliance entre les cordes et les synthés allant crescendo finit par nous emporter avant de laisser place à un « California » des plus épurés.
Sur FUDGE, Michael Kiwanuka laisse plus d’espace à la spontanéité et à sa liberté créatrice notamment lors des écoutes de « Just Another Moment » notable par ce groove si smooth qui prendra de l’ampleur avec les envolées soulful et célestes de « Love In My Heart » prenant une tournure psychédélique et enflammée. Tiraillé entre Shuggie Otis et les Beatles, cette fusion musicale à la fois soulful et psychédélique continue de nous enivrer à travers des compositions sentant bon les années 1970 telles que « Across The Sky » et « Stars » avant de nous éblouir à travers des arrangements audacieux faisant merveille sur « You Sent Me Flying » ou sur « Move In My Direction » tandis que l’interprétation de notre protagoniste n’aura pas fini de nous émouvoir comme sur des moments plus mélancoliques comme « Drowning In My Heart » et « Sing ».
Après un « Swings and Roundabouts » en guise de conclusion brute de décoffrage, Michael Kiwanuka signe une nouvelle œuvre captivante et chargée en émotions. Malgré cette volonté d’autoproduction et d’indépendance, il peut quelque peu désorienter en raison de son aspect hétéroclite et manquant quelque peu de relief sur certaines compositions mais il n’empêche que FUDGE absolument cathartique et lumineux lui permettant d’entretenir sa réputation légendaire. On lui souhaite avant tout un prompt rétablissement.
Note: 8/10
