Laura Gibson – Empire Builder

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Nota bene: Cette chronique a été rédigée en avril 2016 mais n’a jamais été publiée. Elle a été mise à jour en février 2017 car elle était trop mise de côté.

Avec ses trois albums, Laura Gibson est un des phénomènes indie folk américain que le monde a tendance à oublier. Le seul souci, c’est que le succès d’estime n’est pas vraiment venu pour la native de l’Oregon, ce qui est dommage car elle a énormément de charisme. Espérons que la donne va changer avec son quatrième opus Empire Builder, surtout quand elle a Dan Hunt, batteur de Neko Case, le violoniste Peter Broderick, Dave Depper, guitariste et bassiste du groupe Death Cab For Cutie ou Nate Query du groupe The Decemberists.

Cela faisait quatre ans qu’on était sans nouvelles de la demoiselle suite à la parution de son dernier album La Grande. Et pour cause, elle a quitté son Oregon natal pour New-York pour étudier l’écriture. Quand soudain survient le drame lorsqu’une explosion de gaz surgit dans son appartement brûlant ses instruments, son matériel et faisant ainsi quelques morts et quelques blessés graves. Ce drame lui a permis de se recentrer à sa passion primaire: la musique. Et c’est comme si elle n’avait rien perdu lorsqu’on écoute Empire Builder avec une introduction de qualité nommée « The Cause » comprenant ses percussions hantées et ses cordes stridentes foutant la chair de poule.

Mais très vite, l’ambiance va changer et elle va devenir plus mélancolique et intimiste avec la ballade minimaliste nommée « Damn Sure » comptant ses chœurs gospel, ses notes de piano harmonieux et ses guitares acoustiques en cascade. Et des titres frissonnants de ce genre, il y en a une ribambelle, à savoir « Empire Builder », le piano hanté de « Five and Thirty » ainsi que les notes de guitare magique de « The Search Of Dark Lake » qui viendra lorgner du côté d’Alela Diane qui apparaît aussi en tant que guest sur certains morceaux. Entre les deux résonnent quelques morceaux plus enjoués comme « Two Kids » et l’énergique « Not Harmless ». Même si ce quatrième opus est pour le moins conventionnel, il a l’avantage d’affirmer un peu plus son style personnel comme la folk de chambre de qualité qu’est « Louis », l’aérien « Caldera, Oregon » qui est une ode à son chez-soi ou même le final bouleversant nommé « The Last One ».

Une fois n’est pas coutume, Laura Gibson parvient à nous toucher avec son art et son savoir-faire avec ses arrangements toujours aussi épurés et limpides. L’accident survenu deux ans plus tôt lui aura permis de coucher sur papier et en musique toute sa vulnérabilité, ses doutes et sa recherche du bonheur sur ce Empire Builder pleine de sincérité et doux-amer.

Note: 8.5/10

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