
Si il y a un retour dont on attendait de pied ferme, c’est bien sûr celui de Great Grandpa. Souvenez-vous lorsque le groupe de Seattle avait mis le monde d’accord avec leur prédécesseur nommé Four Of Arrows en 2019 (chroniqué ici). Durant ce laps de temps, le groupe n’avait pas donné signe de vie, si ce n’est que l’on a vu Al Menne se lancer en solo il y a deux années de cela maintenant (chroniqué ici). Mais trêve d’impatience, le quintet fait leur grand retour avec Patience, Moonbeam. Une attente qui en valait la chandelle.
Chaque membre du groupe est éparpillé un peu partout dans le monde allant du Danemark à la Californie. Mais cela n’empêche pas pour eux de resserrer les liens et ce Patience, Moonbeam en est la preuve concrète. On retrouve Great Grandpa (comptant à ses rangs un nouveau venu du nom de Nick Levine à la pedal steel) plus dantesque que jamais, comme l’atteste les écoutes de « Never Rest » aux arrangements plus luxueux qu’à l’accoutumée sans oublier ce crescendo gargantuesque habillant à merveille l’interprétation pleine de puissance d’Al Menne. On frissonnera également lors des écoutes de la folk euphorique et exubérante de « Junior » ainsi que de « Emma » rappelant les plus belles compositions d’Alex G brouillant les pistes entre indie pop et grunge.
Patience, Moonbeam est un périple musical absolument passionnant sentant que Great Grandpa redouble d’ambitions. L’alchimie est plus que palpable et capable de nous en mettre plein les oreilles notamment sur « Ladybug » où ils surfent sur la tendance actuelle insufflée par des groupes comme They Are Gutting A Body Of Water en incorporant une touche presque hyperpop en manipulant la voix d’Al Menne comme sur « Task » rappelant Big Thief en version Americana ou flirter avec les allures trip-hop sur « Ephemera » à mi-chemin entre The Marias et Sneaker Pimps où la batteuse Cam LaFlam donne le ton. Mais quand ils reviennent en terrains connus avec des ballades acoustiques touchantes que sont « Kiss The Dice » et « Top Gun » presque boygenius dans l’âme contrastant aux lourdes distorsions de guitare sur « Doom » avec un refrain dévastateur.
L’émotion est palpable sur la fin avec un « Kid » rappelant aussi bien Sufjan Stevens que Los Campesinos et racontant l’histoire d’une fausse couche et des traumas qui ont engendré derrière. De quoi clôturer ce Patience, Moonbeam incroyablement aventureux et triomphant prouvant que Great Grandpa pourrait bien marcher auprès des plus grands que sont Big Thief et Ratboys. Un véritable coup de maître et assurément un des disques indie rock les plus intenses de ce printemps.
Note: 8.5/10
