Alabama Shakes – I Must Be Dreaming

A l’approche de la rentrée, quoi de mieux que de commencer avec un grand boum dans la musique ? Et bien, mesdames et messieurs, j’ai l’honneur de vous annoncer du grand retour d’Alabama Shakes après onze années de silence radio, depuis leur dernier album nommé Sound & Color qui fut une sacrée masterclass. Et depuis, silence radio pour le groupe et c’est à se demander si ils se sont séparés ou non. Trêve de plaisanterie car les voici enfin de retour avec leur nouvel album qui s’intitule I Must Be Dreaming. Et non, vous ne rêvez pas, ils sont bel et bien là !

Pour celleux qui ont raté quelques épisodes, sachez qu’Alabama Shakes est désormais un trio. Tout simplement parce que le batteur de femmes, agresseur sexuel et abuseur d’enfants Steve Johnson (FUCK HIM) est évincé du groupe à cause de ses casseroles. Il restera ainsi que la voix toujours aussi puissante de Brittany Howard qui a connu une carrière solo florissante mais encore Zac Cockrell (basse) et Heath Fogg (guitare) qui reviendront mettre la machine en route. Est-ce que cela vaut le coup ? N’ayons pas peur des mots: oui. I Must Be Dreaming est une véritable odyssée de soul psychédélique où ils explorent notre monde ainsi que les différentes tensions qui le parcourent. L’entrée en matière nommée « Tea Time » plante le décor d’emblée où on retrouve le trio plus solennel mais n’a rien perdu de leur intensité avec les allures 70’s du soulful « Another Life » et des ballades plus sensuelles comme « Garden » ainsi que « Friends » qui sauront nous faire frémir comme jamais.

A mi-chemin entre soul psychédélique, funk 70’s et garage-blues avec un léger parfum digne de la Motown, I Must Be Dreaming viendra nous étonner grâce à cet univers ample et troublante. Bien entendu, Alabama Shakes réussit à mettre du baume au cœur avec des hymnes fédérateurs tels que « I Feel Hope Coming » qui est l’hymne d’espoir par excellence dans un contexte politique bien anxiogène et le plus virulent « American Dream » mais encore le plus psychédélique et spatial « Time » qui prend aux tripes. Mais petit à petit, ce sera la douceur soulful qui prime avec ces textes criants de vérité qui font mouche sur « Easy » avant que la funk ne reprenne le dessus sur « How Love’s Supposed To Go ». On pourra également relever la plume et l’interprétation flamboyante de Brittany Howard qui continue d’éblouir comme sur l’émouvant « Waist Deep » parlant de blessure intime et de comment la surmonter ainsi que sur la ballade de clôture soyeuse nommée « Tied To You » qui marque un retour gagnant pour Alabama Shakes.

I Must Be Dreaming est à coup sûr un disque absolument mouvant de la part d’Alabama Shakes qui retourne à ses bases avec tant d’élégance. Une lueur d’espoir en musique comme seul le trio d’Athens sait si bien maîtriser et qui amorce un nouveau chapitre plus que prometteur pour eux. Bon retour parmi nous !

Note: 8/10