Fleet Foxes – Crack-Up

2017 marque également le grand retour du plus grand groupe indie folk américain de ce troisième millénaire, j’ai nommé Fleet Foxes. Le groupe de Seattle mené par le charismatique chanteur Robin Pecknold nous a enchanté avec leurs deux albums estampillés chefs-d’oeuvre que sont Fleet Foxes en 2008 et Helplessness Blues en 2011. Suite à ce dernier, un certain Josh Tillman a décidé de quitter le groupe pour se lancer dans sa carrière solo, telle que l’on connaît maintenant (ici et aussi). Six ans plus tard, le groupe a décidé de faire son come-back avec un troisième opus Crack-Up. Mais pourquoi autant de temps ?

Tout simplement parce que Robin Pecknold a connu une profonde remise en question après la sortie de Helplessness Blues ne pouvant plus supporter le succès et traversé une crise dans son couple, qui l’a incité à tout plaquer. Il a repris ses études à l’Université de Columbia, remis en cause son régime végétarien, s’est mis au sport pour une meilleure santé et fréquenté un monastère zen pour arrêter de fumer. Et oui, il s’en est passé pleins de choses en six ans et le frontman qui a abandonné sa longue barbe et ses longs cheveux de hipster nous le fait entendre sur ce troisième album bien ambitieux et incroyable. Crack-Up reste un album de Fleet Foxes mais en poussant le bouchon beaucoup plus loin.

Le premier morceau « I Am All That I Need/Arroyo Seco/Thumbprint Scar » ouvre le bal et pendant plus de 6 minutes, on se laisse bercer par les orchestrations lumineux et ambitieux du folk orchestral et de l’interprétation monastérienne toute en retenue d’un Robin Pecknold brillant. Il en est de même pour des perles inoubliables comme « Cassius – » et sa suite logique réussie « – Naiads, Cassadies » ou encore les arrangements pianistiques de « Kept Woman » et l’intimiste « If You Need To, Keep Time On Me » qui procurent d’innombrables frissons comme les deux précédents classiques du groupe. On remarquera également les prouesses lyricales totalement hors du commun de notre hôte préféré où il use de nombreuses métaphores pour qualifier son amitié solide avec Skyler Skjelset, autre membre du groupe, qui l’a accompagné durant ces six années d’errance. Les références littéraires sont bien nombreuses et on y retrouve la bataille d’Appomatox sur le glorieux « I Should See Memphis » ainsi que la peinture de Goya sur l’autre monument pastoral riche en tensions nommé « Third of May / Ōdaigahara3 » afin de bien traduire l’état d’esprit du bonhomme à l’époque. Le tout sous une symphonie frémissante de guitares acoustiques, de cordes et autres instruments à vent qui nous emportent jusqu’au bord de la falaise illustrée sur la pochette, et n’oublions pas de citer les magnifiques « Fool’s Errand » et la conclusion magistrale à la fois cacophonique et éclatante.

Une troisième fois, Fleet Foxes reste invincible dans son domaine et multiplie les ambitions pour devenir un des plus grands groupes indie folk de cette décennie. Crack-Up est un énième coup de génie de la part de Robin Pecknold qui sait nous envoûter en 55 minutes chrono avec des morceaux toujours aussi pastoraux et grandiloquents qui n’ont rien à envier de ses prédécesseurs. Du génie hors normes.

Note: 10/10

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