
Ce n’est plus un secret pour personne mais Saint Etienne tire sa révérence définitivement. Une chose est sûre, c’est que le mythique trio londonien qui nous avait tant fasciné pendant 35 années ne compte pas nous laisser sans rien, bien évidemment. Neuf mois après leur précédent album The Night (chroniqué ici), le groupe présente leur treizième et ultime album du nom de International.
Sarah Cracknell, Bob Stanley et Pete Wiggs nous entraînent dans ce dernier tour de passe-passe à travers ces douze ultimes compositions légèrement douces-amères. Mais ceci est l’occasion pour Saint Etienne de revenir sur les bases qu’ils affectionnent le mieux: la pop. Et c’est avec des morceaux absolument catchy et irrésistibles à l’image du morceau d’ouverture nommé « Glad » co-écrit par Tom Rowlands de Chemical Brothers où l’on retrouve également Jez Williams de Doves à la guitare mais également du limpide et accrocheur « Dancing Hearts » co-écrit par Tim Powell ainsi que de la ballade nostalgique qu’est « The Go Betweens » en compagnie de Nick Heyward. Bref, la crème de la crème pour cette grande dernière.
Au milieu des courts messages débutant chaque morceau (français, italien, japonais…), Saint Etienne décide de sortir l’artillerie lourde pour cette dernière danse et c’est tout à leur honneur. Entre sensualité sur les titres taillés pour le club que sont « Sweet Melodies » (avec la patte d’Erol Alkan), « He’s Gone » ainsi que « Save It For A Rainy Day » et introspection avec un « Fade » beaucoup plus solennel où le piano accompagne avec brio le spoken-word si frémissant racontant la fin d’une relation passionnelle, le trio continue de détonner comme auparavant avant de rebousculer les codes avec ces rythmiques irrésistibles et ces synthés si hypnotiques. Je dois avouer que j’ai eu un petit faible pour la collaboration avec les allumés australiens que sont Confidence Men sur le pétillant « Brand New Me » faussement new jack mais encore le stroboscopique « Take Me To The Pilot » qui feront sensation à coup sûr.
Petit à petit, International viendra laisser un goût doux-amer avec d’autres moments forts à l’image du rétrofuturiste « Two Lovers » en compagnie de Vince Clarke et de la ballade de fin du nom de « The Last Time » interprétée au piano où Saint Etienne tire enfin le rideau avec classe et émotion. Nul doute de l’impact que le trio aura laissé sur la scène mais une chose est sûre, c’est que la scène musicale ne sera plus la même sans eux.
Note: 8.5/10
