Thundercat – Drunk

L’année 2015 aura été l’année de tous les records pour Thundercat et pour son acolyte Flying Lotus. Ils sont à l’origine du chef-d’oeuvre To Pimp A Butterfly de Kendrick Lamar, The Epic du saxophoniste Kamasi Washington. Et en plus de cela, l’EP du bassiste farfelu The Beyond/Where The Giants Roam (chroniqué ici) paru cette même année fera enfin parler de lui. Mais jusqu’où ira-t-il ? Il ira tout simplement jusqu’à se bourrer la gueule comme en témoigne son nouvel album toujours aussi passionnant nommé Drunk.

Celui qui a collaboré avec Erykah Badu, Sa-Ra Creative Partners, Mac Miller et autres Childish Gambino et celui qui est du genre à porter les armures de Vegeta en mode Saiyen sur scène (mes vrais mangakas savent de quoi je parle) décide de nous embarquer dans une odyssée excentriques où on suit ses déboires avec l’alcool pendant 23 morceaux qui sont du pur concentré de jazz-funk cosmique et expérimental comme il a l’habitude de nous concocter avec son pote FlyLo. Quand Alice au Pays des Merveilles rencontre Very Bad Trip, ça donne donc Drunk avec un Stephen Bruner  qui porte le costume de « Captain Stupido » complètement potache qui pète, qui miaule et qui boit comme un malade pour oublier sa dépression.

Avec son falsetto angélique et ses prouesses à la basse, Thundercat continue de nous impressionner avec sa palette musicale toujours aussi riche avec des compositions célestes dont seul le beatmaker californien a le secret (« Uh Uh », « Bus In These Streets », « Jethro », « Day & Night »). Le producteur attitré de Kendrick Lamar, Sounwave en profite pour lâcher trois prods dans la pure veine du label TDE (« A Fan’s Mail (Trong Suite II) » où on l’entend miauler justement, « Blackkk » et « Lava Lamp »). Et quand on parle du rappeur californien, il en profite pour lâcher un couplet de façon classe et élégant sur le nostalgique synthétique de « Walk On By » tout comme Wiz Khalifa sur le stellaire « Drink Dat ». Et on peut également compter sur l’apparition des héros du soft-rock d’antan que sont Michael McDonald et Kenny Loggins sur le single très 80’s « Show You The Way » ainsi que Pharrell Williams sur les dernières secondes du spatial « The Turn Down » avec un propos en faveur pour le mouvement Black Lives Matter.

Drunk est aussi l’album le plus introspectif du bassiste car il permet de montrer tout de même son âme d’adulescent toujours aussi hyperactif. Il y évoque une addiction pour les jeux vidéos sur la prod futuriste puissante de Mono/Poly qu’est « Friend Zone » mais ira plus loin lorsque les sonorités 16-Bits font surface sur les complètement barrés « Jameel’s Space Ride » et « Tokyo » clamant sa culture geek. Avec toujours cette dose d’ironie parsemé par ci par là, il n’hésite pas non plus à politiser ses discours et à dresser l’alarme sur les addictions aux réseaux sociaux et aux smartphones. On peut donc faire un rapprochement entre l’addiction (vraie ou fausse) à l’alcool de Thundercat ainsi que sa descente aux enfers qui est pour le coup un véritable concept pour le moins ingénieux. Certains reprocheront le manque d’improvisations instrumentales avec son instrument fétiche ainsi que certains qui ont un goût d’inachevé (ça a toujours été le vilain mini-défaut de FlyLo d’ailleurs) mais personne n’enlèvera le fait que le bonhomme réussit à moderniser le jazz grâce à un travail personnel et bien interplanétaire, moins retentissant que The Epic cependant. Santé !

Note: 9/10

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